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Les étapes de la fabrication d’un sabre

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Introduction


La fabrication d’un sabre complet passe par différents corps de métier ; elle requiert au moins la participation du forgeron, du polisseur, du fabricant de habaki et de shirasaya. La réalisation d’une monture complète mobilisera en outre, en fonction du niveau de qualité exigé, la participation d’un orfèvre, d’un passementier, d’un laqueur. Dans un premier temps, nous présenterons le forgeron à la tâche.

Le travail du forgeron

Les auteurs japonais résument les trois conditions auxquelles doit satisfaire une lame de qualité par la maxime suivante :


  • orezu, ne pas casser ;
  • magarazu, ne pas se tordre ;
  • yoku kireru, bien couper.[1]
[1] 折れず, 曲らず, よく切れる; par exemple Satô, Kanzan tôken kyôshitsu, p. 39.

Autrement dit, le tranchant de la lame doit être suffisamment dur pour couper efficacement, et le corps de la lame doit, au contraire, être suffisamment souple pour absorber les chocs, mais sans plier. Depuis l’âge de Fer, tous les forgerons d’armes blanches destinées à la taille se sont heurtés au problème d’associer ces qualités contradictoires.

Au Japon, les artisans sont parvenus à développer une arme remplissant ces trois obligations par la mise au point de techniques de forgeage tout à fait originales, dont chacune fait l’objet d’une étape bien distincte dans le processus de fabrication. Celui-ci peut être divisé en trois phases principales visant chacune à fournir à la future lame, directement ou indirectement, l’une ou l’autre des trois qualités citées ci-dessus :

  • la préparation puis l’assemblage de morceaux d’aciers de différentes duretés ;
  • l’étirement par martelage de ce bloc et la mise en forme de la lame ;
  • la trempe sélective visant à obtenir un tranchant extrêmement dur.

Ces étapes seront décrites ultérieurement et le lecteur pourra apprécier à sa juste valeur l’ingéniosité des forgerons japonais.

Il existe bien sûr des variantes entre les différents ateliers et chaque forgeron doit adapter ses techniques en fonction des propriétés du matériau dont il dispose. Ce métier a fait l’objet de plusieurs monographies[2], sur lesquelles nous nous appuierons, mais les conditions mêmes de sa transmission orale et gestuelle rendent impossible une description exhaustive ; nous nous bornerons à des généralités communes à toutes les écoles de forge. Toutefois, quel que soit le niveau de perfection atteint dans l’art de Vulcain, ces artisans n’auraient pu y prétendre sans au préalable disposer d’un matériau de premier ordre.

[2] Ôno Tadashi, Nihontô shokunin shokudan, p. 84-128 ; Suzuki Takuo, Sakutô no dentô gihô, p. 3-1 à 3-56 ; Ogasawara, Nihontô no kanshô kiso chishiki, p. 82-97 ; Satô, Kanzan tôken kyôshitsu, p. 32-42 ; Kapp & Yoshihara, The Craft of the Japanese Sword, 168 p.

Sommaire

Un matériau d'excellence
Le martelage par replis
La mise en forme
La trempe sélective 
Les finitions


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